Jus canon

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Une sensation de fatigue dans les gambettes, vélo oblige. Une fine couche de sable aggloméré sur la peau au gré des sentiers. Une vue sur l’un des plus majestueux temple de Bagan, l’un des joyaux de la Birmanie – 3 étages, 50m de largeur, 24 vendeurs de carte postale.

Les kilomètres accumulés et l’affluence poussent la soif à se manifester. Ca tombe bien, le rotin s’offre à nous, mi-ombre mi-soleil, vue sur les passants – et le monument. Le choix du jus local s’impose pour parachever le dépaysement du lieu.
La canne à sucre est pressée minute par une machine d’antan à usage manuel, laissant à la mixture un léger goût de ferraille; la paille poussiéreuse et les glaçons maison (à l’eau potable ?) poussent peut-être l’authenticité un cran trop loin.

Mais le sucre réconfortant rafraichit instantanément et me fait l’effet de l’EPO sur Lance, les derniers kilomètres à vélo fileront tout seul.

La valse menue des touristes continue ; à l’arrière, le serveur pousse fièrement la chansonnette et s’accompagne de sa guitare. Une casserole n’aurait pas fait mieux, mais la sensation du temps figé ne peut pas lui résister.

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La frite m’a donné la patate

Frites

Je les vois venir, les yeux blasés. La frite, ras le bol de la frite. Patatas fritas par-ci, french fries par là. Basta la barquette de patates.
Hep ! « Oh non, non, non, non » fait mon index. Méprise sur la marchandise. Ce que l’on voit là, sur cette photo, ce n’est pas une simple assiette de frites comme on en sert dans, allez, l’intégralité des restaurants – sans parler de la frite à la chaîne des fast food.

Point 1, ceci est une pomme de terre finement tranchée et craquante – oui, facile, voire juste la base, accordé.
Point 2, ce plat là a été partagé pour des retrouvailles entre potes français après de longs mois. Autant parler de frite-doudou, simple, évidente délicieuse.
Mais surtout. Surtout, point 3. Les petits cristaux que l’on voit là sous le persil, eh bien c’est de la truffe messieurs-dames. Légèreté, délicatesse, finesse, addiction.

Ce petit sel amélioré, est-ce que ce n’est pas exactement ce qui manquait à la pomme de terre populaire pour entrer dans une robe de velours ?

Se damner à Singapour pour des Truffles Fries, c’est là :
Ps Cafe Dempsey Hill

Twilight à Porto

Mercado do Balho

Ciao les zombies. Au marché couvert de Porto, on renvoie les silhouettes errantes et les visages livides aux castings des box office américains à coup de bottes d’ail. De quoi filer la frousse à ceux qui trainent des pieds dans les allées, les bras tendus et la canine saillante.

Ces petits bulbes blancs aux vertus répulsives ont pris de la hauteur et s’affichent fièrement en rang d’Oignon. Si bien qu’on pourrait tendre la main pour les collectionner, comme les trophées des manèges de notre enfance.

Si les vampires ont déserté le marché, les bons vivants les ont remplacés, avec leurs teints de pêche, les joues rosies et quelques protubérances estomacales – les pasteis de nata du stand voisin y sont surement pour quelque chose.

Mercado Do Bolhão‎, Porto