TGV

Un vendredi soir d’août, 20h38. Ambiance chassé-croisé, les porte-bagages sont blindés, chacun semble fin prêt à quitter la capitale pour plonger dans le lâcher-prise des vacances. Seul hic, le TGV a déjà 30 minutes de retard. La 1ère annonce du contrôleur résonne. La panne s’éternise, nous ne partirons pas avant 21h.

Quelques soupirs, des raclements de gorge. Puis le son de l’alu qui dévoile un casse-croute. Le paysage ne défile pas à travers les grandes vitres du wagon, le quai en béton gris est statique.
« Allo ?! oui c’est moi. Tu diras à Mamie qu’on va être en retard. » Plus fort. « Tu-diras- à-Mamie-qu’on-va-être-en-retard. Ah bon, ben dis le à Papi alors.»

Chacun y va de son encas. Une odeur de frites grasses encore blanches, sans doute achetées en vitesse dans un fast-food du hall de gare, laisse place à celle de l’œuf dur, généralement accompagné d’une banane. Le bruit du papier qui se froisse, l’alu que l’on ramasse dans un poing, une cannette qui s’ouvre.
Tous ont diné seuls face à sa tablette, mais en sortant moi aussi mon frichti, j’ai finalement le sentiment – suis-je la seule ?- d’avoir partagé avec ces inconnus un court instant de convivialité en silence.

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