Cure de rice & curry

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Nous sommes arrivés dans ce petit village en montant sur une charrette pour traverser les champs, en filant entre les lotus sur une barque et en empruntant un chemin de terre bordant un lac.
Une femme nous accueille, et nous allons avec elle confectionner le repas quotidien Sri-lankais, le curry. Dès le premier jour de mon voyage, j’ai goûté à ce plat iconique du pays, immédiatement séduite par ses saveurs multiples, son association de petites portions – il y en a partout autour de moi et je peux goûter à tout sans complexe car c’est comme cela que l’on déguste ce plat.
Si la Birmanie m’avait initiée à ce principe de plat en buffet, c’est avec un souvenir fade et gras que j’étais repartie, heureusement réparé ici.
Je mets donc la main à la pâte avec joie, et commence par mimer cette femme au sourire franc et gracieux. Je prends place sur un petit banc à ras du sol, au bout duquel un bras coupant est installé pour le transformer en râpe. C’est l’ustensile clé des cuisinières sri lankaises. Cette femme me montre la technique pour râper la noix de coco. C’est précis et efficace. Mon essai est bien moins concluant, mon geste est peu assuré face à cet objet si tranchant et je n’ai pas mes marques dans cette position inhabituelle, mais je réalise ma tâche de commis avec une bonne volonté de débutante.
Une fois la coco râpée, elle est mêlée à du piment grâce à un pilon de pierre installé à l’extérieur de la maison. C’est un autre outil clé de la cuisine, chaque maison en est équipée. Nous venons de confectionner le Sambal. Il agrémentera le riz blanc et les lentilles corail qui cuisent doucement dans du lait de coco.
On y associe ensuite le poisson séché et les haricots verts pimentés, puis il est temps de nous asseoir tous ensemble sur le banc de boue séchée avant de recevoir notre repas dans une grande feuille de lotus.
L’air chaud passe à travers les stores de bambou, et bien que je me sente encore touriste, je partage le même sourire franc que la cuisinière qui m’a guidée, et le même plaisir à déguster ce plat.
Nous profitons tous de notre festin avec les mains, et l’expression s’en lécher les doigts prend tout son sens.