Bijoux iodé

Marennes-Oléron

Marennes-Oléron à Rochefort sur Mer

Ceci n’est pas un lot de cagettes verdâtres débordant de coquilles. C’est un voyage au fond des mers. C’est un courant d’air à marée basse un jour de ciel bleu de printemps. C’est un lagon dans un chemin boueux.
Nemo serait tout-fou devant ce spectacle, il aurait un tapis de rocailles où se grater les écailles. C’est dans les bassins de Marennes que l’on trouve cette carpette d’huitres si spéciales.

L’hiver, elles ressemblent bon-an mal-an à toutes ses consoeurs, épaisses, goulues, déversant leur trop plein de serum lacté dès la première bouchée. Mais quand arrive l’été, les beaux jours et leurs soirées encore fraîches, elles revêtent leur plus bel atour, ce vert d’émeraude qui pourrait voler la vedette à la nacre d’une perle. Car à chaque ouverture, la vitrine de la bijouterie lève le rideau.
Sa collerette de reflets verts-bleus dignes d’une mer orageuse ensorcelle.

Madame exige d’être affinée en eau claire pour acquérir cette couleur si particulière. Fine et très iodée, son charme semi-précieux éclate à la première bouchée. Et alors, même l’éternité d’un diamant ne saurait lui voler sa place de préférée.

Trouver des Marennes-oléron : au marché couvert de Rochefort sur Mer,
les mardi, jeudi et samedi

Mangez des pommes

Il fait bien frais ce samedi matin d’octobre lorsque 3 parisiens décident de s’extirper des avenues encombrées pour respirer l’air de la plaine de Gally. L’objectif de la matinée : la cueillette des pommes d’automne.

Les allées se succèdent, les pommiers s’alignent en bataillon. La fine équipe prend connaissance du territoire : ici, les Golden, là, les Canada, par là-bas, les Rubinettes (rien à voir avec de la tuyauterie); puis elle s’arme d’une belle brouette verte, et à l’attaque : une à une les pommes déboulent dans le récipient de métal. Elles sont froides, fermes, et lumineuses.
Un petit détour par les plans de radis, à déloger doucement de leur terre en les faisant tourner, puis par les courgettes, qu’il faut débusquer au bout de longues tiges, et l’on ira quand même compléter le lourd magot des pommes vertes avec la rougeur des Jonagold.

Si l’on fait abstraction de l’autoroute qui passe au loin, la campagne en vivant à Paris, c’est possible.

Pour une virée de récoltant du dimanche, c’est là (avant la fermeture hivernale) : ferme de Gally

L’Italie me botte

Un loft lumineux dans une impasse du 18ème, deux grandes tables dressées, une cuisine deux fois plus grande que mon appartement et deux plans de travail de marbre brut. Voilà à quoi ressemble l’atelier de cuisine d’Alba Pezone.
Les 3 heures de cours débutent par une panna cotta. Trop facile ? Hepepep, confectionnez-la avec une crème fleurette de qualité, cela vaut mille fois les mauvaises crèmes gélatineuses servies dans n’importe quelle pizzeria à néon vert et rouge.

Next : initiation à la pizette frite ou comment en 10 secondes apprendre à tremper ses doigts dans la farine, étendre une pâte à pizza à la mémoire élastique et la glisser dans un bain d’huile à 180°. Premier essai non concluant : c’est une boule épaisse qui crépite dans la poêle d’huile brulante.

La bille de mozza sur le gâteau de roquette, c’est l’originalité du plat :  Minestrone de pâtes cuit comme un risotto.  L’histoire de cette recette est aussi singulière que le fumet qui s’en échappe. C’est pour se débarrasser des pâtes cassées au fond des paquets que l’on mélangeait autrefois toutes ces variétés, d’abord saisies dans l’huile chaude puis cuites au bouillon petit à petit incorporé. Les textures variées des pâtes aux différents calibres se sont mêlées à l’onctuosité d’une réduction de tomates. Che bella !

Je signe le pacte d’Alba :  réessayer chaque recette dans les 15 jours pour se les octroyer à jamais.
Apprendre à devenir le Rocco de l’Italie, c’est avec Alba Pezone

Et parce qu’elle vient de sortir un super livre de recette de pizza, inspiré de Naples bien sûr

Pizza Edition Marabout

 

Nemo

Nous sommes au marché de Rochefort sur mer, un samedi d’automne. Les vacanciers errants du mois d’août ont disparu. Sous un soleil généreux d’été indien, les habitués de la région ont repris leurs droits et déambulent, sûrs d’eux, vers le producteur de leur choix. En haut de l’allée à droite, le pépé aux tomates sucrées. Ici, le producteur de chèvres. Là, les fraises tardives de Charente.

Dans le marché couvert, les étiquettes des poissons ont perdus quelques euros dans les filets de l’affluence estivale. Sur cet étal, l’œil est brillant, les écailles scintillantes, le corps garni. Celle-ci n’attend que d’être pesée –vidée-cuisinée.
Quelques branches de romarin, des quartiers de tomate, des tranches de citron et oignons émincés, et zou, 20 minutes au four. La chair se décolle de l’arrête, oui c’est bon, la dorade est prête. Sa chair est ferme, fine et savoureuse, et nous rappelle que le poisson en bord de mer est un délice trop vite oublié à la ville.

Marché de Rochefort sur mer, tous les mardis, jeudis, samedis matin.
17 300, Charente Maritime

Recette :
Dorade 900gr pour 4/5 pers. 
½ citron coupé en rondelles
3 branches de romarin
1 belle tomate
1 oignon
Enfourner la dorade et tous les ingrédients émincés pour 20 min environ. 
Vérifier la cuisson à l’arrête (la chair doit se décoller)

Une envie de fraises

L’embarras du choix. C’est plus d’une dizaine de desserts qui me fait face. Ils sont tous joliment dressés sur leur plateau à hauteur variable, et attirent mes yeux tour à tour. En haut la meringue aux cerises, ici une tartelette aux pêches, là un clafoutis aux abricots, un parfait au chocolat, un autre avec une tête de baba.
Après une réflexion futile –choisir en fonction du nom, de la forme, de la couleur, de mon imagination ? C’est le cheesecake goyave-fraise, ici au centre, qui aura raison de ma gourmandise.

J’aurais voulu tous les goûter, mais la première bouchée emporte tous les doutes. Les fraises sont découpées en tranches fines, le biscuit est justement délicat, il laisse découvrir une mousse très légère qui diffuse onctueusement ce doux goût des Antilles.

Le temps se ralentit avec délices, et construit un moment ambigu où chaque bouchée rapproche de la fin, mais ravive une once de plaisir.
C’est une certitude, seul Ottolenghi sait faire cet effet là.

Ottolenghi
287, Upper street
Londres
http://www.ottolenghi.co.uk/

La princesse au petit pois

Muesli maison, pain au levain naturel, fromage de chèvre, huile d’olive, épices, nous sommes ici en terre veggie, loin du combo frites-pizza-coca, et pourtant bien en Amérique. Et ce royaume piece and love aurait de quoi faire passer les américains pour des sains.

Les cosses de petits pois qui s’échappent de ces sachets tout prêts ne semblent-ils pas quémander une rencontre royale avec l’un de ces brocolis violets qu’on trouvera plus loin ? Oh que si !
Au détour d’une rangée de légumes verts, on s’aventure dans un smoothie détox à l’herbe. Oui oui, à l’herbe, comme du gazon. Et parce que notre organisme est vraiment purifié maintenant, on a bien le droit à un œuf au plat sur une saucisse grillée –mais bio !

Un soleil rasant d’un matin de printemps, des dizaines de producteurs locaux, des sacs en papier, le ferry building market de San Francisco est définitivement plus bobo que les bo-bios du marché Raspail.
A voir absolument l’estomac vide pour enchanter ses papilles.

Ferry Building Marketplace
1, Ferry building
San Francisco, CA
Ferrybuildingmarketplace.com

Isti bitsi mini weeny tout petit corner coffee


A Londres, on ne connait pas le principe du bar PMU défraichit et trop sombre, au comptoir démodé en plastique marbré. Dans chaque coin sympa de la capitale, on trouve un tas de petits cafés plus jolis les uns que les autres, qui servent un éventail de confections caféinées. Et celui-là reçoit la palme du plus mignon de tous les mignons.

Dans cette rue affluente, il est discrètement calé entre une boutique de déco et un marchand de jouets pour enfants. Son mètre carré encastré entre trois murs blancs nous fait l’effet de l’apparition d’une colombe. L’essentiel, rien que l’essentiel : un comptoir de bois ouvert sur la rue, un joli lambris blanc et une glace pour la déco, une machine à café aux mesures parfaites, et un serveur qui oscille d’avant en arrière dans ce micro espace.

En une seconde, cette enclave nous a transportés à l’écart de l’animation et nous donne l’impression d’être entrés dans sa cuisine. On a envie d’attraper un gobelet au dessus de sa tête et de tendre le bras pour tasser les grains moulus.

Un flat white serait à propos, non ?

Flower market, tous les dimanches matin
Columbia Road, Londres
Station de metro Hoxton