I eat New York

C’est un souffle de finesse avant la tempête de transfat, un rayon de sérénité avant la débandade de ketchup, un oasis de légèreté avant l’avalanche de calories. Si nous sommes bien à New York, cette infusion de lavande au matin d’un 1er janvier ne présage en rien du déballage culinaire qui suivra.

New York, oui, c’est la ville des tops filiformes Nike aux pieds et long black coffee à la main, mais c’est aussi le statut de liberté culinaire.
Alors on fait péter les donuts chez Dunkin d., on envoie les parts de giant pizza, on roule pour les bagels, on allonge les burgers, on fait sauter les pancakes, on craque pour un hot dog minute sur la 5ème, on s’enfile un muffin chez Magnolia, on s’arrache un bretzel à central park, on salive devant des oeufs benedict, on redemande du cheesecake et on guette le brownie.

Ici, les aberrations diététiques n’existent pas. Pizza en plat, beignet en dessert ? No problem! Cookie au gouter, Mac-do le soir, so what?
Le lynchage des bonnes habitudes fait partie du voyage, il est simplement à la hauteur des buildings qui nous entourent. Etourdissant !

 

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L’appel du bagel

Il n’est que 11h un dimanche matin à Londres, mais sur le marché aux fleurs de Columbia road, l’apparition surprise de ce bagel m’a fait l’effet d’un creux soudain dans l’estomac.

Calé entre ses copains au bacon ou au saumon, c’est celui là que je veux : ses couleurs vives et harmonieuses me font oublier que nous sommes au pays du pudding fluo.
Pommettes de pain moelleux tacheté de sésame, joues rosies de tomates, sourire de roquette, et coussin de cream cheese, il semble confortablement assis en cascade.
Il est si épais que sa grande bouche ouverte semble scander « I’m delicious ».

L’envie me prend de croquer à pleines dents dans cette savoureuse profusion, comme pour retrouver l’opulence d’un fauteuil de cuir dans lequel on se laisse enfoncer.
Je crois que c’est ce qu’on appelle la « comfort food ».

Columbia Road
Londres, station Hoxton