La frite m’a donné la patate

Frites

Je les vois venir, les yeux blasés. La frite, ras le bol de la frite. Patatas fritas par-ci, french fries par là. Basta la barquette de patates.
Hep ! « Oh non, non, non, non » fait mon index. Méprise sur la marchandise. Ce que l’on voit là, sur cette photo, ce n’est pas une simple assiette de frites comme on en sert dans, allez, l’intégralité des restaurants – sans parler de la frite à la chaîne des fast food.

Point 1, ceci est une pomme de terre finement tranchée et craquante – oui, facile, voire juste la base, accordé.
Point 2, ce plat là a été partagé pour des retrouvailles entre potes français après de longs mois. Autant parler de frite-doudou, simple, évidente délicieuse.
Mais surtout. Surtout, point 3. Les petits cristaux que l’on voit là sous le persil, eh bien c’est de la truffe messieurs-dames. Légèreté, délicatesse, finesse, addiction.

Ce petit sel amélioré, est-ce que ce n’est pas exactement ce qui manquait à la pomme de terre populaire pour entrer dans une robe de velours ?

Se damner à Singapour pour des Truffles Fries, c’est là :
Ps Cafe Dempsey Hill

I eat New York

C’est un souffle de finesse avant la tempête de transfat, un rayon de sérénité avant la débandade de ketchup, un oasis de légèreté avant l’avalanche de calories. Si nous sommes bien à New York, cette infusion de lavande au matin d’un 1er janvier ne présage en rien du déballage culinaire qui suivra.

New York, oui, c’est la ville des tops filiformes Nike aux pieds et long black coffee à la main, mais c’est aussi le statut de liberté culinaire.
Alors on fait péter les donuts chez Dunkin d., on envoie les parts de giant pizza, on roule pour les bagels, on allonge les burgers, on fait sauter les pancakes, on craque pour un hot dog minute sur la 5ème, on s’enfile un muffin chez Magnolia, on s’arrache un bretzel à central park, on salive devant des oeufs benedict, on redemande du cheesecake et on guette le brownie.

Ici, les aberrations diététiques n’existent pas. Pizza en plat, beignet en dessert ? No problem! Cookie au gouter, Mac-do le soir, so what?
Le lynchage des bonnes habitudes fait partie du voyage, il est simplement à la hauteur des buildings qui nous entourent. Etourdissant !

 

Isti bitsi mini weeny tout petit corner coffee


A Londres, on ne connait pas le principe du bar PMU défraichit et trop sombre, au comptoir démodé en plastique marbré. Dans chaque coin sympa de la capitale, on trouve un tas de petits cafés plus jolis les uns que les autres, qui servent un éventail de confections caféinées. Et celui-là reçoit la palme du plus mignon de tous les mignons.

Dans cette rue affluente, il est discrètement calé entre une boutique de déco et un marchand de jouets pour enfants. Son mètre carré encastré entre trois murs blancs nous fait l’effet de l’apparition d’une colombe. L’essentiel, rien que l’essentiel : un comptoir de bois ouvert sur la rue, un joli lambris blanc et une glace pour la déco, une machine à café aux mesures parfaites, et un serveur qui oscille d’avant en arrière dans ce micro espace.

En une seconde, cette enclave nous a transportés à l’écart de l’animation et nous donne l’impression d’être entrés dans sa cuisine. On a envie d’attraper un gobelet au dessus de sa tête et de tendre le bras pour tasser les grains moulus.

Un flat white serait à propos, non ?

Flower market, tous les dimanches matin
Columbia Road, Londres
Station de metro Hoxton 

L’appel du bagel

Il n’est que 11h un dimanche matin à Londres, mais sur le marché aux fleurs de Columbia road, l’apparition surprise de ce bagel m’a fait l’effet d’un creux soudain dans l’estomac.

Calé entre ses copains au bacon ou au saumon, c’est celui là que je veux : ses couleurs vives et harmonieuses me font oublier que nous sommes au pays du pudding fluo.
Pommettes de pain moelleux tacheté de sésame, joues rosies de tomates, sourire de roquette, et coussin de cream cheese, il semble confortablement assis en cascade.
Il est si épais que sa grande bouche ouverte semble scander « I’m delicious ».

L’envie me prend de croquer à pleines dents dans cette savoureuse profusion, comme pour retrouver l’opulence d’un fauteuil de cuir dans lequel on se laisse enfoncer.
Je crois que c’est ce qu’on appelle la « comfort food ».

Columbia Road
Londres, station Hoxton

On va pas chipoter

Un logo en forme de poivron défraichi. Une enseigne sur les grands boulevards. Et en plus c’est un fast food. Bien bien bien.
Ah les New Yorkais en raffolent ? Ah bon l’adresse est dans le guide du fooding ? La marque a gagné un lion d’or à Cannes pour sa campagne de publicité ?
Soit. Si vous me parlez sur ce ton, alors je goûte votre burrito barbacoa avec haricots, riz, tomates et avocat. Oui oui ce sera tout, faut pas déconner.

Après l’ambiance self – on a le temps de papoter dans la queue et de voir quels ingrédients choisir – il est temps de tâter du burrito.
Surprise, c’est goûtu, frais, plein de saveurs. Comme on entend sur M6, il y a du travail et c’est gourmand.
Old el Paso ne règne plus en maître sur l’identité culinaire mexicaine en France. Et caramba c’est tant mieux !

Chipotle
20, Boulevard Montmartre
75009 Paris
01 45 23 12 54