Grenade en mal d’explosion

Il faut avoir gravi la montée qui mène à la tour Galata d’Istanbul pour se voir offrir un spectacle si pétillant. Le rouge vif de la grenade tranche avec le pavé terni et le plastique primaire de la cagette. Les oranges rappellent la nuance rosée de leurs voisines, elles flattent leur teint incandescent. Alors, au risque de voir diminuer cette source de lumière, on s’offre, sur le trottoir, un jus minute de ces joyaux.

Mais la grenade est menteuse, si chatoyante, et pourtant si fade ? Une chaire joliment dentelée mais si peu explosive ? Mais pourquoi ne remplit-elle pas cette promesse de douceur sucrée ?!

Cette première tentative dégoupille une légère déception, mais rappelle le charme d’un moment de découverte sur une place étrangère, dans une langue inconnue et un climat trop doux pour un automne parisien.

L’essai suivant aura été le bon, l’acidité de ses petits grains se sera cette fois-ci mariée à l’âcreté du tahini et de l’aubergine. La grenade se laisse cuisiner.

Place de la tour Galata
Sishane, Istanbul
Turquie