Cérémonie d’ouverture à Londres

Fromagerie Londres

Un samedi matin d’été. Il fait frais, je traverse le London Bridge à pied et m’arrête pour profiter de l’onde de sérénité qui s’échappe de la Tamise. Tower Bridge en face porte 5 anneaux multicolores : la citadine n’a jamais regroupé autant de muscles au mètre carré, il se trame un truc qui s’appelle les JO.

Le marathon que je suis venue chercher est celui des échoppes de producteurs locaux du Borough Market. Je ne sais pas où donner de la tête. Les pains de campagne font la course, les stands de burgers veggie sont dans les starting blocks, je sprint pour goûter chacun des english cakes.

En sortie de virage du marché, une échoppe à fromage. Belle, devanture en bois d’un bleu profond, immense vitrine donnant sur les rangées de fromage. Je suis au pays du pudding fluo mais mes yeux m’envoient en Aubrac. Des tonnes de fromage prêts pour concourir au lancer de poids du meilleur affinage. A en croire l’affluence d’english à l’intérieur, le goût pour la moisissure a pris l’Eurostar lui aussi.

La sélection officielle des fromages anglais et autres divisions, c’est au Borough market, le marché trop cool de Londres

Une envie de fraises

L’embarras du choix. C’est plus d’une dizaine de desserts qui me fait face. Ils sont tous joliment dressés sur leur plateau à hauteur variable, et attirent mes yeux tour à tour. En haut la meringue aux cerises, ici une tartelette aux pêches, là un clafoutis aux abricots, un parfait au chocolat, un autre avec une tête de baba.
Après une réflexion futile –choisir en fonction du nom, de la forme, de la couleur, de mon imagination ? C’est le cheesecake goyave-fraise, ici au centre, qui aura raison de ma gourmandise.

J’aurais voulu tous les goûter, mais la première bouchée emporte tous les doutes. Les fraises sont découpées en tranches fines, le biscuit est justement délicat, il laisse découvrir une mousse très légère qui diffuse onctueusement ce doux goût des Antilles.

Le temps se ralentit avec délices, et construit un moment ambigu où chaque bouchée rapproche de la fin, mais ravive une once de plaisir.
C’est une certitude, seul Ottolenghi sait faire cet effet là.

Ottolenghi
287, Upper street
Londres
http://www.ottolenghi.co.uk/

Isti bitsi mini weeny tout petit corner coffee


A Londres, on ne connait pas le principe du bar PMU défraichit et trop sombre, au comptoir démodé en plastique marbré. Dans chaque coin sympa de la capitale, on trouve un tas de petits cafés plus jolis les uns que les autres, qui servent un éventail de confections caféinées. Et celui-là reçoit la palme du plus mignon de tous les mignons.

Dans cette rue affluente, il est discrètement calé entre une boutique de déco et un marchand de jouets pour enfants. Son mètre carré encastré entre trois murs blancs nous fait l’effet de l’apparition d’une colombe. L’essentiel, rien que l’essentiel : un comptoir de bois ouvert sur la rue, un joli lambris blanc et une glace pour la déco, une machine à café aux mesures parfaites, et un serveur qui oscille d’avant en arrière dans ce micro espace.

En une seconde, cette enclave nous a transportés à l’écart de l’animation et nous donne l’impression d’être entrés dans sa cuisine. On a envie d’attraper un gobelet au dessus de sa tête et de tendre le bras pour tasser les grains moulus.

Un flat white serait à propos, non ?

Flower market, tous les dimanches matin
Columbia Road, Londres
Station de metro Hoxton 

L’appel du bagel

Il n’est que 11h un dimanche matin à Londres, mais sur le marché aux fleurs de Columbia road, l’apparition surprise de ce bagel m’a fait l’effet d’un creux soudain dans l’estomac.

Calé entre ses copains au bacon ou au saumon, c’est celui là que je veux : ses couleurs vives et harmonieuses me font oublier que nous sommes au pays du pudding fluo.
Pommettes de pain moelleux tacheté de sésame, joues rosies de tomates, sourire de roquette, et coussin de cream cheese, il semble confortablement assis en cascade.
Il est si épais que sa grande bouche ouverte semble scander « I’m delicious ».

L’envie me prend de croquer à pleines dents dans cette savoureuse profusion, comme pour retrouver l’opulence d’un fauteuil de cuir dans lequel on se laisse enfoncer.
Je crois que c’est ce qu’on appelle la « comfort food ».

Columbia Road
Londres, station Hoxton